Wacken Open Air 2006

Une nouvelle édition du WACKEN OPEN AIR vient de s'achever, alors puisque les souvenirs sont encore frais dans ma tête, il est temps de vous faire partager mes impressions (et remarques qui n'engagent que moi évidemment) sur cette cuvée 2006.

Tout d'abord, comme tous les ans un WACKEN ça se prépare ; si l'année dernière on avait fait le voyage à 9, cette fois-ci on double les effectifs, et même plus, car c'est à 20 que nous avons fait le voyage : 2 minibus de 9 et une voiture avec deux boulets. Je vous passe le calvaire pour organiser financièrement tout ça, avec les gens dispersés dans toute la France (Paris, Banlieue, Nice et Toulouse), ça tient plus de la chasse à cours pour récupérer les thunes que de l'organisation strictement comptable. Mais bon on arrive tout de même après moult efforts à mettre en place tout ça et à donner un point de rendez-vous pour le grand départ prévu le mardi 1er août au matin. Au programme, 5 jours de Metal, de bière, de crasse et selon le temps, de pluie ou de soleil.

Lundi 31 juillet

C'est le moment de rassembler les troupes, mais aussi de récupérer les moyens de transport : petite virée à Beauchamp dans le fin fond du 95, on passe tout de même une bonne heure pour tout ce qui est formalités et vérifications d'usage des véhicules. Premier sketch de la journée avec une bonne vieille fêlure d'au moins 30cm sur le pare-brise côté conducteur du minibus numéro 1 (le mien évidemment) et le diagnostic (très) optimiste du carrossier de chez Renault : "Oh ! ça, ça va aller, le seul risque c'est que ça s'agrandisse encore un peu !". Tristesse.
Bref, on splitte les minibus, un à Villebon-Sur-Yvette et l'autre à St Maurice, le rencart pour le lendemain matin est fixé pour 7h30 sur une aire d'autoroute (A1). Une fois tout le monde regroupé pour une courte nuit sous les combles avec Mazout, on peut alors attaquer le gros du morceau.

Mardi 1 août

Réveil au clairon à 5h du mat (j'ai des frissons, je claque des dents, je monte le son) embarquement des derniers bagages et en route pour l'autoroute et l'aire de Vermars-Est où l'on retrouve le reste de la troupe (le minibus et les 2 veaux), un ptit café et c'est parti pour 1000 bornes (voire plus), direction l'Allemagne.
Voyage sans trop d'histoire en France, c'est bibi qui prend le premier tour de volant, on progresse tranquillement, idem pour la Belgique que l'on traverse sans même s'arrêter je crois bien, frontière allemande en vue.

2e sketch du séjour, avec les 2 boulets en voiture qui nous accompagnent et qui ne trouvent rien de mieux à foutre pour leur premier WACKEN que d'écraser l'accélérateur et de passer devant comme si c'était la route des vacances. Résultat, un petit tour de manège dans l'aire des douanes et déjà une première envie de tuer qui vous traverse l'esprit de bon matin.

On poursuit la route, changement de conducteur, c'est l'ami Babe qui s'y colle et on trace jusqu'à ce que l'on soit stoppé par un embouteillage monstre entre Dusseldorf et Brême, 1h45 bloqués à cause d'une autoroute tout simplement coupée, avec une déviation pour couronner le tout : soupir. Ce petit contre-temps nous met un peu dedans niveau timing, re-changement de conducteur et on arrive finalement sur place sur le coup de 21h30. Juste à temps pour avoir un peu de jour pour planter les tentes et nous faire soulager de 15 euros par personne pour avoir le droit de stationner (une nouveauté). A peine posés, l'invitée de la soirée : la pluie. Un bon gros orage qui nous tombe sur le coin du nez et nous fait craindre le pire, genre le scénario de l'année dernière et ses 5 jours de pluie. Il est temps d'ouvrir sa première bière et de casser une graine, et au pieu.

Mercredi 2 août

Il a bien plu pendant la nuit mais le ciel se dégage un brin, il est temps d'aller faire les courses en ville, aujourd'hui pas de concert, on se contente de goûter à l'ambiance. 2 ou 3 averses histoire d'arroser le terrain, mais rien de bien grave, le moral est au beau fixe. On retrouve WACKEN comme on l'avait laissé l'année dernière, des rues remplies de chevelus, une ambiance bon enfant et les premiers stands de bouffe ouverts qui vont vous faire regretter même votre Kebab du coin de la rue ^^

A noter ce jour-là, la découverte par votre serviteur d'un stand de Caipirhina (je sais jamais comment ça s'écrit à jeûn, alors après) qui a retenu toute notre attention, après deux grands verres bien chargés, la vie paraît beaucoup plus belle et le trajet vers le camping beaucoup plus long...

Pour la météo, la situation s'améliore d'heure en heure et on peut commencer à laisser tomber les pulls, à partir de demain le soleil deviendra omniprésent, voilà une nouvelle qu'elle est bonne. La soirée sera rythmée par un petit Karaoké Metal, avec quelques grincements d'oreilles (merci Soulai pour la version de Painkiller !!!) mais une sacrée ambiance sous la Wet Stage, on rentre tout doucement dans le rythme, les premiers concerts sont prévus pour le lendemain.

Jeudi 3 août

On attaque les hostilités, le Metal Market ouvre aujourd'hui, les cartes bleues vont pouvoir chauffer avec le nombre de stands et de tentations en tout genre, et surtout à partir d'aujourd'hui les premiers concerts vont démarrer sur le coup de 18h ce soir.

La soirée du jeudi est présenté sous le titre de : A Night to Remember, et cette année, de la nostalgie il va y en avoir pour le Teuton, car la tête daffiche sera SCORPIONS. Pour les autres, ben il faudra faire avec, dans notre campement qui s'est déjà enrichi de 4 autres personnes (au total on est alors 24) c'est plutôt d'un air dubitatif qu'on se dirige vers les scènes. Pour ma part j'ai même zappé Mickael Schenker et son MSG, préférant me concentrer sur une bonne mousse blanche en attendant de jeter tout de même une oreille à SCORPIONS, espérant un petit Still Loving You au coin du bois, histoire d'inviter un Allemand à danser si l'occasion se présente (pari stupide lancé avant le festival, finalement je l'ai pas fait, je n'étais pas assez bourré pour ça). Une rumeur circule déjà par ailleurs qu'en Allemagne, SCORPIONS c'est un peu le Johnny Hallyday local, donc pas de surprise en voyant tout de même les bars à bière bien pleins pendant le concert des Teutons.
Passage donc au coin restauration pour s'enquiller quelques bières en écoutant la fanfare des pompiers de Wacken (à voir absolument avec son joueur de trombone qui doit avoir pas loin de 80 balais et qui fait sans cesse les cornes du diable pendant les morceaux) et un grand merci au passage aux 2 anoréxiques qui ont permis à une amie et à moi de prendre le meilleur repas de ce festival en ne touchant pas à leurs assiette de pâtes. Retour au campement après le concert, car le lendemain on attaque le gros du festival : un marathon de 2 jours avec des concerts finissant jusquà 3h du matin. Il faut faire le plein d'énergie pour tenir le lendemain.

Vendredi 4 août

On entre dans le vif du sujet, après une matinée plutôt peinard, on profite du beau soleil pour faire un brin de toilette et direction l'entrée du site et la True Metal Stage pour le premier concert de la journée : DANKO JONES, je me suis permis de faire l'impasse sur Mystic Circle (y'en a qu'aiiiiiiiiiiiiiiment pas !) et de commencer par un concert vraiment bien fun. Et du fun, il en a à revendre le père DANKO JONES, un vrai sketch à lui tout seul, alternant les monologues certes un peu longs mais bien fendards, avec les morceaux de rock bien péchus qui font tapoter du pied, un vrai régal pour les oreilles et la première sensation de la journée.
On enchaîne sur la scène d'à côté avec SIX FEET UNDER, le groupe de l'ancien chanteur du groupe Cannibal Corpse. Prestation plutôt agréable, SFU c'est souvent sans surprise, du gros Death bien lourd, ça ne casse pas trois pattes à un canard et chaque morceau se ressemble plus ou moins, mais ça se digère tout seul. Le set est conclu par une reprise d'ACDC, quoi de plus normal pour les ACDC du Death Metal.

La suite du programme avec NEVERMORE, mais pour ma part je quitterai bien vite les environs pour aller voir un autre groupe qui m'intéresse bien plus : GORILLA MONSOON. Le groupe passe sur la Wet Stage, la seule couverte, et va envoyer pendant 45 minutes une vrai déluge de Stoner Rock, cest pour moi la première grosse baffe de la journée, les Allemands commencent en se foutant de la gueule de leurs compatriotes de SCORPIONS avant d'attaquer une série de morceaux gavés de groove, pour finir après leur performance par exploser leur matos (mention blaireau au roadie qui a failli éborgner une amie en balançant les restes de la guitare du chanteur dans le public).

Un peu assommé et après un petit détour par le bar, direction la Party Stage pour l'heure suédoise. On commence par aller voir SOILWORK, jai connu le groupe suédois plus à la fête et c'est sans regrets qui nous quittons les environs après 5 ou 6 morceaux pour rejoindre la Black Stage pour voir la fin du set d'OPETH. Comme j'ai dit et repeté aux personnes qui voulaient voir le groupe ce jour-là, il aurait été bien plus judicieux de programmer le concert en soirée, la musique du groupe étant bien plus propice à une ambiance nocturne, histoire de profiter des zolis lights. Bah tant pis, ça ne m'empêchera pas d'apprécier les 2 morceaux du groupe (un morceau d'OPETH, ça dure généralement plus de 10 minutes) et de penser que le père Akerfeldt est toujours un fameux gratteux.
Impasse sur le concert d'IN EXTREMO pour la suite, les premières années du groupe m'avaient bien plu, mais c'est plus devenu une parodie qu'autre chose et on se rapproche dangereusement d'un Soldat Louis du Metal, alors sans façon...

Un petit coup de fatigue plus tard et c'est à la fin de CARNIVORE que nous assistons, le premier groupe de Peter Steele, oeuvrant dans un style beaucoup plus bourrin et plus cru que Type O Negative, d'après certains de mes collègues, un des grand moments de ce festival.

Vers 21h30, le ventre plein et le gosier humide, nous nous mettons en place afin d'assister au concert de CHILDREN OF BODOM, quel chemin parcouru par rapport à l'année 1997 où le groupe s'était produit sur la Wet Stage, là cest une True Metal Stage bondée de monde qui accueille le groupe. Petit tour dhorizon visuel, et à l'heure actuelle je ne comprends toujours pas ce qui a motivé ce décor de scène ridicule (une espèce de casse automobile), le groupe attaque son set et on déchantera vite, c'est sans conviction et en pilote automatique, pour ma part je fuis vers la Wet Stage pour aller voir les DESESPERADOZ que l'on pourra désormais rebaptiser les désespérants : un chanteur ressemblant à Patrick Juvet et des musiciens fringués comme des personnages de "Sheriff fais moi peur", ça le fait décidément pas trop !
C'est pas grave, on arrive au grand moment de la soirée. En effet, à 23h va se produire un groupe que je n'aurais jamais pensé pouvoir voir en live de ma vie : CELTIC FROST. Ce groupe Ultra Culte ayant splitté alors que j'effectuais mon apprentissage metallique d'ado boutonneux... 20 ans plus tard, reformation et concert au WACKEN, chouette ! Et là franchement la torgnole ! Un son ENORME et une musique lourde comme une choucroute en plein mois de juillet ! C'est bien simple, durant la plupart des morceaux, il nous arrivait de ressentir dans le thorax les vibrations de la basse et de la grosse caisse. Tout simplement opressant. La set list fut sans commentaires : classique sur classique, mention spécial à "Necromantical Scream" et au tube "Circle of the Tyrants" (OUH !), du pur bonheur. Merci les ptit Suisses !
Après un truc pareil, difficile d'enchaîner, c'est pourtant MINISTRY qui va prendre la relève et s'en tirer plus qu'honorablement, si seulement ces e*?cu#@ !!! avaient joué "Burning inside" !!!
1h15 plus tard, fin des hostilités il est 2h du matin et AMON AMARTH va attaquer, n'étant pas super fan du groupe et commençant à fatiguer, je me dirige tant bien que mal au campement histoire de casser une graine et de me pieuter, demain le marathon continue...

Samedi 5 août

Réveil pénible, les nuits par terre c'est bien mais ça commence à vous démanger le long du dos, pas le temps de se plaindre car à midi il y a METAL CHURCH qui joue, et c'est avec un brin de nostalgie et une bière blanche à la main que votre serviteur se dirige vers la Party Stage. Pas deçu, mais pas franchement retourné non plus METAL CHURCH a plutôt mal vieilli, mais il subsiste de bons moments. Une demi-heure malgré tout ce n'est pas assez pour rentrer dans un concert et je n'y suis pas parvenu en si peu de temps. Début d'après midi et un trou avant FEAR FACTORY, on se blinde le bide parce qu'après ça va être la guerre. Perso, j'ai regardé du coin de l'oeil le concert d'un groupe que j'affectionnais énormément il y a encore quelques années, mais deux ou trois albums moins convaincants et la perte d'un membre fondateur m'en ont un peu éloigné. Cependant FF sur scène je trouve ça toujours sympa, un bon apéro avant le plat de résistance.

16h, sous un soleil qui tape va avoir lieu LE concert de ce festival pour moi, j'ai nommé les rois du Death Metal floridien : MORBID ANGEL. Ce qui est bon avec Morbid c'est qu'on sait à l'avance que ça va être bien, alors on ne se pose pas de question et on rentre dedans, pleine fosse pour partager ce petit moment de brutalité conviviale, au milieu d'un pit avec Allemands, Suèdois, Français, Italiens tous la banane aux lèvres, réunis pour la messe. Sur le concert proprement dit, rien à dire, c'était béton, que du son Old school, pas un morceau datant de la période post-Domination, des concerts comme ça, j'en veux tous les jours. MORBID est venu, a vu et a vaincu.

Suite des festivités avec ATHEIST (personne ne s'étonnera que j'aie fait l'impasse sur GAMMA RAY), grosse déception, autant sur album ça tabasse, autant sur scène ça devient pompeux. Trop de notes, trop d'infos, peut-être un peu la fatigue mais le concert n'est pas bien passé du tout. Au final on est parti avant la fin pour assister à la fin du concert de SOULFLY, pour ma part je suis toujours pas convaincu et je persiste à penser que le père Max ferait bien de rejoindre son frangin et vite !

Le festival touche à sa fin et la soirée nous réserve 2 grosses têtes d'affiche : EMPEROR et MOTORHEAD ; je louperai le premier plus à cause de la flemme que d'autre chose, mais le deuxième c'est hors de question de passer à côté, apparemment le reste des festivaliers était daccord avec moi car c'est la grosse affluence et la plus grande partie des 35000 personnes présentes sur le site étaient au rendez-vous.

Petit passage au stand avant le concert, à noter le Yann Show que l'on n'a pas vu de la journée et qui nous revient avec 2 grammes et beaucoup de difficulté à se mouvoir ; une petite visite dans le fossé plus tard, on parviendra à le traîner devant la bande à Lemmy.
Un concert de MOTORHEAD ne ressemble à aucun autre concert, c'est du Lemmy, point barre, une tripotée de classiques et quelques surprises ("Going to Brazil" notamment que je n'avais pas entendu sur scène depuis bien 10 ans), il manquait juste un (jam) Bomber ! Ils n'ont pas joué mon morceau préféré ces ordures !!! Mouarf &près ça il est temps pour moi d'aller me pieuter, les autres continueront la fête très tard pour certains, moi je dois assurer le premier tour de conduite le lendemain, alors rideau.

Dimanche 6 août

Réveil difficile sur le coup des 7h30/8h, il est temps de démonter les tentes et de plier les gaules, tout le monde a un peu la gueule de bois et déjà des souvenirs plein la tête, pas le temps de traîner, on passe sur les envies de meurtres, conséquences matinales de l'attente engendré par quelques individus de poids, malgré tout lobservation du boulet à l'oeuvre est quelque chose que je prends très au sérieux et qui permet tout de même de se taper de belles crises de rire mais je m'égare.
Pour changer, à peine partis du site sur le coup des 10h que déjà notre premier embouteillage nous attend bien avant Hambourg. Gaaaaaaaaah, on reste zen, la route est encore longue.
La traversée de la Belgique nous permettra de prendre une petite photo de groupe qui permettra plus tard de constater l'état de délabrement des troupes. Quelques heures de bitume plus tard et c'est vers 22h que nous arrivons en vue de la capitale. Dépôt à Porte de la Chapelle, puis à Villebon sur Yvette et enfin arrivée à Ris Orangis vers 23h45, pour une douche et une bonne platrée de pâtes avec des assiettes et des couverts !!!

Voilou, l'édition 2006 est terminée, les courbatures commencent à disparaître à l'heure qu'il est, les minibus sont rentrés à bon port sans le moindre mal, je crois que l'expérience pourra être renouvelée sans problème si tout le monde est partant l'année prochaine, on pourra peut-être même passer à 3 minibus. D'ici là un an aura passé, mais le WACKEN comme je dis toujours : Au bout de 5 jours, tu n'as qu'une envie c'est rentrer chez toi, mais dès que tu y es, tu as envie d'y retourner aussi sec.

A l'année prochaine.

Steph aka Minus