Wacken Open Air 2005
Ça y est... il est revenu le temps du pélerinage à Metal Town 1 an quasiment jour pour jour après avoir quitté l'Allemagne à la clôture du festival crû 2004, retour à la terre promise, avec cette impression bizarre d'avoir laissé les lieux la veille. Malgré cette année une affiche un peu moins étoffée que l'année dernière, hors de question de faire l'impasse, ne serait-ce que pour l'ambiance, et parce que de toute façon c'est WACKEN merde !
Mais c'est pas tout ça, un Wacken ca se prépare et cette année plus que d'autres car votre serviteur et son comparse le cochon Babe ont décidé de faire la route et de mettre les frais en commun dans un minibus avec 7 autres personnes. Une expédition punitive qui s'annonce d'ores et déjà bien sympatoche. Une fois le véhicule loué et le lieu de rendez-vous fixé, l'aventure peut commencer.
Mardi 2 août
Le départ est fixé pour 9h du matin, retardé évidemment par la circulation aux alentours de Paris, ça tombe bien on part de Porte de Charenton, arrivé sur le périphérique dans les bouchons. Une fois sorti de la ceinture parisienne, direction Autoroute A1 et le nord de la France : Straight to Wacken. Cette année, 4 conducteurs, donc enfin la possibilité de ne pas se crever derrière le volant, l'ambiance est détendue et le minibus se transforme en club métal le temps d'un trajet qui dure tout de même 11h pauses comprises. On passera sur la compétition de calembours metalleux qui a animé également le voyage, surtout par respect pour Hugo qui a une réputation à conserver...
21h Arrivée à proximité de Wacken, les poils se dressent sur les bras et l'excitation pointe le bout de son nez : on arrive pinaise !
Le temps de pénetrer sur le site de planter les tentes et la tonnelle, la nuit tombe, il est temps de faire le premier tour de reconnaissance, première constatation : apparemment il a plu la veille et le terrain est un peu détrempé. Pourtant on ne le sait pas encore mais cest peut-être la plus belle soirée au niveau météo que nous aurons durant tout le festival, arg !
Il est temps de prendre un peu de repos avant d'attaquer la journée de mercredi.
Mercredi 3 août
Pas de concerts aujourd'hui, tout le temps donc d'aller faire les courses en ville, surtout que la plupart des festivaliers ne sont pas encore sur place et que leur présence multipliera facilement par 10 les temps d'attente au supermarché ou aux 2 distributeurs de billets disponibles sur le site.
Expédition au SPAR dans le centre du village, le supermarché construit il y a une dizaine dannée grâce au bénéfices du festival se transforme radicalement. Imaginez les rayons de votre supermarché en bas de chez vous remplis de metalleux de tout poil et de toute nationalité ! Ca parle anglais, allemand, espagnol, français c'est le bordel et c'est pour ca que cest bon !
Une fois les victuailles (solides et liquides) ramenées aux tentes, on a tout le temps de découvrir les premiers stands ouverts, de commencer à faire son marché et de profiter des premières gouttes de pluies qui commencent à tomber, et de boire son premier litre de houblon au Biergarten, la vie quoi !
On recupère également au passage les précieux bracelets en échange du billet, bracelets qui nous permettront de nous déplacer librement dans l'enceinte du festival.
Le campement s'organise et d'autres personnes nous rejoignent, certaines plus indésirable que dautres... On passe la soirée peinard à essayer de ne pas trop se faire mouiller en sirotant quelques bières et en regardant les premiers Allemands bourrés se vautrer dans le fossé plein d'orties qui longe notre campement (avec une webcam on aurait pu gagner les 10000 balles à Vidéo gag pendant quelques semaines d'affilée).
Jeudi 4 août
Ce soir 18h on attaque les premiers concerts, la soirée "A night to remember", sorte d'apéro chaque année avant le festival en lui-même qui dure toute la journée le vendredi et le samedi.
Cette année, l'encas est composé de Tristania, Candlemass, Oomph et Nightwish.
En attendant ça, une journée s'écoule encore sous la flotte et le terrain commence à devenir vraiment limite praticable, les déplacement entre le campement et le site, même si ce dernier n'est pas loin, commencent à se faire en glissade plus ou moins contrôlées selon le gramme d'alcool dans le sang.
Premier concert en ce qui me concerne : Candlemass, pas deçu par le groupe, c'est a peu près ce à quoi je m'attendais, ayant raté le groupe il y a 3 ans ici même. Du bon gros doom bien lourd, emmené vocalement par un Messiah Mercolin en grande(s) forme(s). C'était pas transcendant, mais assez efficace pour vous faire tapoter du pied et dodeliner de la tête gentiment.
Suivent ensuite les concerts de Oomph (sorte de Rammstein en moins bien) et Nightwish (no comment...), on fait l'impasse dessus et il est temps d'aller se faire une petite expédition au Metal Market afin de se delester de quelques euros. On en profite également pour se restaurer tranquillement en mangeant quelque chose de chaud, assis au Biergarten, ricanant bêtement alors que les thrashers présents autour de nous miment par des hululements avinés les vocalises de la chanteuse de Nightwish qui sépoumone à quelques centaines de mètres de nous...
Demain matin on attaque le gros morceau du festoche, les concerts vont s'enchaîner sans temps mort et il est temps de prendre des forces, chacun dans le campement fait sa vie. Tandis que certains font sitting sous la tonnelle la bière à la main, d'autres vont se gausser au Karaoke Metal, d'autres iront sûrement taper le godet avec l'autochtone, tout se passe pour le mieux malgré ce temps toujours aussi pourri qui a le don de rendre également les nuits plutôt fraîches...
Vendredi 5 août
C'est parti pour le gros morceau du festival, 2 jours de marathon pour voir le plus de concerts intéressants, pour aller écouter des vieilles connaissances ou découvrir de nouveaux groupes, je vais baser ce report principalement sur les concerts les plus marquants et sur évidemment ce que j'ai pu voir de mes propres yeux et zoreilles...
Coup d'envoi 11h, NAGLFAR, je dois avouer que j'y allais un peu à reculons, pas vraiment intéressé par le style Black, même si il est parsemé de petites touches de Death par ci par là. C'était plutôt pas mal, mais rien d'extraordinaire non plus, notre situation lointaine par rapport à la scène ne me permet pas de dire si l'ambiance était à la hauteur devant, mais le public semblait bien réagir.
C'est à l'heure du repas que commence réllement le festival pour moi, premier groupe vraiment attendu : MARKY RAMONE et les Ramonesmania. Tout simplement le dernier membre des Ramones encore en vie, le batteur Marky Ramone, accompagné de musiciens ayant apparemment roulé leur bosse également, mention spéciale au bassiste qui ne ressemblait décidemment à rien... Pour avoir eu la chance de voir les Ramones il y a une dizaine dannées avec Joey, Johnny et Dee Dee, ca m'a fait quelque chose de pouvoir réécouter live des morceaux comme "I wanna be sedated", "Blitzkrieg bop", "Psychotherapy" ou "Rock and Roll high school" ! Vu que le concert était prévu sur la plus petite scène extérieure (la Party stage), j'ai pu me coller au premier rang avec l'ami Hugo, suivi de près par Babe pour tapoter du pied et chanter à pleins poumons les ritournelles Punk Rock qui ont bercé mon enfance... sniff ! Franchement en fermant les yeux on s'y croyait. Première grosse claque de la journée. HEY HO LETS GO !!
Autre groupe, autre ambiance avec BLOODBATH, super groupe composé de musiciens de divers groupes suédois, avec le vocaliste d'Opeth au micro, il nous a été servi 1h de bon gros Death Metal Old school à la sauce suédoise, avec en prime une reprise du "Left hand Path' d'Entombed (hommage plus que justifié tant Bloodbath se réclame des influences de ce groupe), que du bonheur.
Un petit coup d'oeil sur METAL CHURCH qui a bien mal vieilli, et il est temps de se placer pour la grande messe et pour moi le concert le plus attendu de ce week-end : OBITUARY
Scotché à la barrière pour ne pas en rater une miette, on s'aperçoit pendant les balances qu'Allen West, Frank Watkins et Trevor Perez sont saoûls comme des ânes, mais qu'importe, les Floridiens même bourrés vont envoyer la sauce pendant une heure et les titres s'enchaîneront sans trop de temps mort, faut dire que le timing est serré. La part belle est faite aux morceaux du nouvel album "Frozen in time" mais on a tout de même droit à quelques classiques par ci par là : "Chopped in half", "Slowly we rot", "Turned inside out". Ca va ça démonte pas mal et on repart avec le sourire.
Un trou dans la programmation en ce qui me concerne, il y a WITHIN TEMPTATION à 19h30, mais le groupe commence à m'insupporter depuis quelques temps déjà. Le bon doom metal des débuts s'est transformé en soupe épaisse et indigeste, même les vocalise de Sharon ne me sonnent plus très bien aux oreilles, alors plutôt que d'aller m'énerver sur la True Metal stage, une petite pause avant un gros morceau : MACHINE HEAD.
Plus que dubitatif avant le concert des Américains, je ne m'attendais pas à grand-chose d'extraordinaire, malgré l'affection que je porte à l'album "Burn my eyes". La dernière fois que j"ai pu voir Machine Head à Paris je suis ressorti blasé d'un concert sans âme et sans énergie. C'était presque saoûlant à la limite, alors qu'il y a quelques années, un concert de Machine Head ça se faisait dans la fosse à suinter avec les autres... Cette fois encore, sentiment mitigé, on alterne le bon "Davidian", "Old" avec l'ennui "the Blood the sweat, the tears" ou cette affreuse power ballade dont j'ai oublié le nom. Une reprise de "Creeping Death" envoyée sur la fin a un peu relevé la prestation pour moi, mais c'est tout de même un goût de trop peu qu'il me reste à la fin.
Autre concert très attendu pour moi, celui de GOREFEST. Le groupe ayant fait un gros break (pour ne pas dire un bon gros split) ce retour était plutôt inattendu, et les Hollandais n'ont vraiment pas déçu. Du gras, du lourd et du poil, quelques morceaux du mythique "False" et en plus les morceaux les plus groovy des albums "Erase" et "Chapter 13", avec en plus un jeu de light particulièrement bien foutu pour une prestation en nocturne, idéal pour terminer la soirée. A noter également la cascade du 2e guitariste en plein solo qui nous a servi une bonne grosse gamelle en glissant sur une canette échouée sur la scène ! Mention très bien.
J'ai déclaré forfait pour SAMAEL qui passait à 2h du matin, déjà vu 36000 fois, le temps qui continue à être dégueulasse ne motive pas forcément en plus. Il paraît que c'était pas mal, mais ça ne m'a pas empêché de roupiller !
Samedi 6 août
Levé samedi matin... Tiens, il pleut encore...
La matinée va être plutôt calme, début des concerts à midi, mais le premier groupe intéressant ne passe qu'à 14h. Avec SUFFOCATION, rien à redire sur la prestation du groupe, c'est toujours aussi carré et brutal, le vocaliste semble complètement habité mais balance ses lignes de chant avec un espèce de rictus jovial, et ce batteur, pinaise. A peine le temps de manger un morceau et on enchaîne avec OVERKILL. Pas bien longtemps pour ma part, le premier morceau est la reprise de Motorhead du même nom, boudiou quel massacre ça ne donne pas envie de s'attarder pour la suite, et c'est plutôt mou du genou. On se dirige plutôt vers HOLY MOSES... arg !! Fichtre c'est particulièrement mauvais également, alors on se déplace illico sur la Black stage pour la bonne surprise du jour me concernant : DISSECTION. Je suis pas vraiment fan mais le groupe m'a carrément emballé, les morceaux sont carrés et bien structurés, et avec un excellent son, ce qui ne gâche rien.
Un trou dans la programmation permet de faire un break avant un autre excellent concert, programmé bizarrement sur la party stage, FINNTROLL a bondé les alentours et c'est sur le toit des toilettes ou dans les arbres que les fans les plus acharnés se repaîtront de Folk/death/polka Metal. Par respect pour la langue finnoise et surtout parce que je ne m'en souviens plus, je vous epargnerai les titres, mais l'ensemble a le mérite de se tenir et la prestation joviale du groupe met une petite touche de finesse dans ce monde de brutes, en deux mots : pas maaaaaaaaaaaaaal !
Un petit détour sur la True Metal Stage histoire de rigoler en voyant les icebergs en polystyrène d'HAMMERFALL (comme me le faisait remarquer mon ami porcin, Maiden faisait déjà ça il y a 15 ans, mais ça faisait moins ridicule) et on s'apprête enfin à accueillir les locaux de l'étape, et ce qui restera sans constestation possible LE concert du festival : KREATOR.
Alors là m'sieurs dames, c'est du lourd, le concert commence pour le sieur Babe, Hugo et moi-même dans la fosse, tranquillement en train de regarder les Allemands se mettre sur la tronche joyeusement au son du Thrash teuton de l'ami Petrozza, et puis gentiment on se laisse prendre dans la danse, les classiques s'enchainent, on rentre dans la gigue et on tombe sur une bande de fous furieux Suédois, tous taillés sur le même modèle : 2 mètres de haut et plus de 100 kilos, s'amusant à balancer tout ce qui leur tombe sur les pognes. En résumé le chaland pointant son nez dans la fosse. Votre serviteur pourtant pas maigrichon et même franchement épais en a fait les frais en se heurtant à un véritable mur blond de 2 mètres 05, surmonté d'un sourire bête. Stoppé net le Minus. Bref c'est la foire, c'est convivial, et Kreator assure comme une bête, seulement 1h du concert mais qui vaut tous ceux du festival, on en ressort essoré mais heureux comme des papes. Everybody Bou-ka-ké !!!
On termine ce festival par ACCEPT, n'étant pas forcément fan de ce groupe, je me suis tout de même enfilé les 2 heures de concert, composé essentiellement d'un best of du groupe (à en croire la réaction des Allemands), c'est plutot agréable, même si les différents soli longuets viennent un peu hâcher le concert, une fois le feu d'artifice tiré, il est temps de plier les gaules.
Le festival se termine, je ne verrai pas la prestation de SENTENCED, arrivant trop tardivement pour pouvoir en profiter sans dormir à moitié, il est temps de prendre un peu de repos, rejoignant tant bien que mal le campement, sous la pluie pour changer. Mais peu importe le temps, il en faut plus pour vous gâcher un tel festival, peu importe qu'on ait dû se faire tirer par un tracteur le dimanche matin, peu importe la fatigue, ce qu'on veut c'est y retourner, LA ! Maintenant, on attend avec impatience l'année prochaine et on sera présent au rendez-vous.
METAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAL
Steph aka Minus