Wacken Open Air 2004
Lorsque l'on évoque le Festival de Wacken, plusieurs mots viennent à
l'esprit : voyage, crasse, anarchie, fatigue, chevelus, bière, fiesta. Mais
un mot revient toujours : METAL.
Le Wacken Open Air est LE festival européen par excellence, après 15 ans
d'existence, il a supplanté le fameux Dynamo depuis la chute de celui-ci en
2000 (de retour avec une formule sur une journée, le festival néerlandais ne
s'est jamais vraiment remis de l'annulation de dernière minute cette année-là).
Wacken c'est un bled à 80 kms au nord de Hambourg, un bled qui passe en un
week-end de 500 habitants à 30000 métalleux venus de l'Europe entière et
même de plus loin (de mémoire nous avons vu des Argentins,
Chiliens, Brésiliens et même des Australiens) et qui vous donne le
sentiment l'espace de 4 jours d'être les rois du monde.
Pour ma part le Wacken c'est un rite immuable tous les ans, et ce depuis 10
ans, cela se prépare comme un pélerinage, on en parle quelque mois avant on
réserve son billet, on prend ses jours de vacances gentiment lâchés par son
patron et roulez jeunesse.
L'équipée de 2004 réunira deux potes (que nous nommerons S. et V. par
respect pour leur anonymat et pour leurs chères mères si jamais elles tombaient
un jour sur ce site) et votre serviteur et sa Clio magique. Le but étant
bien entendu de retrouver d'autres amis, déjà sur place pour participer à
la guinche.
Départ de la banlieue sud de Paris, il nous faut généralement environ 12h/13h en
comptant les pauses pour engloutir les 1000 kilomètres qui nous séparent de
la Metal-Town. Les voyages sont souvent émaillés de bons souvenirs à travers
les ans, à travers les arrêts dans les airs de repos belges, bataves ou
allemandes, les anecdotes sont parfois plus ou moins racontables (ça nous
arrive d'avoir honte des fois... mais pas longtemps).
Cette année le festival se déroule les 5,6 et 7 août, nous arrivons sur
place le 4 vers 10h du matin, après avoir supporté pendant tout le voyage
le festival de calembours de S. et V. en très grande forme cette année. A
peine garés dans l'aire de camping du festival, il est déjà temps de planter
les tentes avant de goûter à un moment de repos et surtout à une bonne
douche (pour ceux qui en ont le courage, nous on préfère la bonne vieille
technique du gérican plutôt que la promiscuité avec l'indigène allemand).
Le Mercredi 4 se consacre uniquement à retrouver les potes, faire les
courses pour survivre les 4 jours et commencer à se comporter comme le
pochtron moyen, après tout, on est pas là pour se croiser les bras et on ne
conduit pas pendant 4 jours. On en profite également pour se procurer les
programmes et le fameux bracelet en échange de son billet, bracelet qu'il
faudra éviter de perdre au cours du festival sous peine d'avoir quelques
soucis pour pénétrer sur l'aire du festival.
Jeudi 5 août
Le jeudi, premier jour vraiment actif (il y a des concerts à partir de 19h
le soir), les stands sont tous en place, on peut déjà se désaltérer dans
les diverses buvettes, rire bêtement devant le Karaoké metal ou écouter le
soir la fanfare locale venant tous les ans animer les buvettes.
Les premiers concerts de la soirée sont une sorte d'apéritif avant le
festival qui débute réellement le lendemain matin à 10h. Cette année cet
apéro sera constitué de Zodiac Mindwarp (ouaip.) et surtout de Motorhead,
idéal pour se mettre en bouche, la bande à Lemmy a fait un excellent
concert, sans réelle surprise. Motorhead n'est jamais aussi bon que
lorsqu'il fait du Motorhead : Bomber, Ace of spade, Iron fist, Orgasmatron,
Overkill... Tout y passe et on part se restaurer et profiter de la nuit pas
trop chaude, en zappant Bohse Onkel (de la chanson à boire allemande, très
bien sûrement. si on comprend l'allemand). Il faut économiser ses forces
parce que le lendemain c'est la marathon.
Vendredi 6 août
Au petit matin on s'aperçoit que les tentes on poussé tout autour de nous,
et un petit aller retour au village nous permet de voir que beaucoup de
personnes tentent encore deséspéremment de rentrer sur le site, faute aux
terribles embouteillages comme chaque années, les retardataires auront
toujours tord...
C'est Orphanage qui attaque à 10h du matin devant le tein blafard des
festivaliers sur place (la nuit a été plutôt dure).
(Ndr : Pour ces 2 jours de festival je me limiterai aux groupes que j'ai
été voir, sinon on ne s'en sortirait pas avec les plus de 60 groupes à l'affiche
en 48h.)
Pour notre part, première baffe du festival avec Cathedral, sur le coup de
midi, les Anglais déboulent sur scène et nous servent 45 petites minutes de
haute volée, avec si peu de temps on n'a pas vraiment le temps de rentrer
dans le concert et c'est à coup de riff massif que le groupe emporte la
mise. La bande à Dorian est un peu l'héritière du Black Sab' époque Ozzy et
les titres Hopkins. ou Ride emportent le public bien rapidement dans une
séance de headbanging furieux : du tout bon.
Autre ambiance avec Arch Enemy, et son gros Metal/thrash qui tâche, la
frontwoman Angela Gossow nous crache ses tripes à la figure et ça assure
méchamment niveau rythmique en arrière scène, pas désagréable du tout, je
ne connais pas trop le répertoire du groupe mais ça a été un bon moment,
bière à la main et sandwich nucléaire dans l'estomac. Après avoir fait un
tour vers la petite scène pour voir un groupe dont je n'ai pas vraiment
retenu le nom, la curiosité l'a emporté pour que j'aille jeter un œil sur
Mayhem. Pas vraiment dans son élément en pleine journée, le groupe de
Hellhammer ne m'a pas vraiment convaincu, il aurait fallu que je demande
son avis à un pote fan du groupe, perso je connais pas trop et vu mon
"amour" pour le Black metal je me garderais bien de donner un avis qui ne
serait pas objectif (diplomate non ??).
Note : il fait chaud aujourd'hui, 30° et un soleil sans nuage, un des
problèmes du site est le manque de zones d'ombre qui vous oblige à errer
comme une âme en peine en mal d'hydratation.
Pas vraiment de concert ressortant du lot aujourd'hui, la grosse journée
est pour demain, le soir tout le monde attend le concert de Dio, n'étant
pas particulièrement fan du bonhomme, j'aime bien quand même la période
Rainbow et je dois reconnaître qu'une telle voix ne peut pas laisser
indifférent, le concert passera comme un lettre à la poste.
Suit le concert de Doro, seule puis accompagnée de Warlock, elle se fait
vieille la teutonne teutonnante, on ne s'éternise pas et on prend des forces
pour le lendemain, tout en n'oubliant pas de flâner et de descendre
quelques tartines de houblon. Je n'ai pas vu Amon Amarth qui passait à 2h
du matin, je commence peut être-à me faire vieux...
Samedi 7 août
La grosse journée. Votre serviteur grand amateur de Thrash et de Death
metal, va être lourdement servi avec tout au fil de la journée quelques
grands moments animés par de grosses locomotives, en pagaille : Anthrax,
Death Angel, Unleashed, Cannibal Corpse, Nevermore, Hypocrisy, etc, etc... arf
arf, encooooore !
En début d'après midi, ça sera l'enchaînement qui tue Death
Angel/Unleashed/Anthrax.
Death Angel pour commencer, les américains de Frisco sont de retour après
leur split au milieu des années 90, et franchement ça fait un bien fou de
les voir revenir avec une telle faim, ils auront asséné au public la grosse
claque de ce début de journée, une petite heure de Thrash Old school, pas
de temps mort et un front man Mark Osegueda qui a mené sa barque de bout en
bout, quel plaisir de réentendre des morceaux de Act III ou de Frolic
though the park.
Unleashed enchaîne juste derrière, les death metalleux suédois sont là
cette année en remplacement de Deicide, on ne perdra pas au change, le
concert est tout de même moins impressionnant qu'il y a 2 ans où le groupe
avait tout détruit, mais des morceaux comme Into glory ride ou la reprise
de Death (Evil dead) ont fini d'asseoir le public durant cette heure de
metal de la mort.
Le concert qui suit restera pour moi le meilleur du festival, à égalité
peut-être avec celui de Death Angel : Anthrax est venu, a vu, et a vaincu.
La fosse devant la True Metal stage s'est tranformée en Mosh pit géant
pendant le set des New Yorkais, on a eu droit à un Best of imparable (NFL,
Caught in a mosh, Got the time, Bring the noise, Indians, Antisocial,
Only...) et à une ambiance de fou dans le public, merci encore au groupe de
nous avoir fait perdre notre litre de sueur règlementaire.
Deuxième enchaînement fatal de la journée : Cannibal/Nevermore/Hypocrisy
Pour Cannibal, pas de surprise, un concert bien couillu, mais il manque
quelque chose. La censure stupide dont est victime Cannibal Corpse en
Allemagne l'oblige à zapper les morceaux de ses 3 premiers albums, ce qui
ampute son set habituel de beaucoup de perles.
Nevermore est un peu un groupe à part et les concerts de ce groupe
également, 1 heure qui passe à toute vitesse, menée par un chanteur portant
un Chapeau de Cowboy sur la tête, mais ça ne le rend même pas ridicule, ça
passe tout simplement.
Pour Hypocrisy, le souvenir du concert en roue libre il y a 2 ans ici même
me restait un peu en travers de la gorge et j'y suis allé un peu à
reculons, mais je dois dire que la bande au père Tagtren s'est bien
rattrapée, un concert digne d'une tête d'affiche qui clôture la journée
avant les gros morceaux du soir : Helloween et Saxon.
Etant allergique à ces 2 groupes c'est plus ou moins la fin du festival
pour mes comparses et moi après avoir vu un petit peu de Children Of
Bodom, il sera temps de repartir du camping afin de ne pas se trouver pris
au piège le lendemain pour ressortir du site.
Une pause pour dormir, le lendemain constituera le retour, comme tous les
ans crevés, repus de metal et de substances liquides, mais attendant avec
impatience la prochaine cuvée.
Comme le dit la banderole à la sortie du village : "SEE YOU NEXT YEAR
METALHEADS" !
Steph aka Minus